| Généalogie GUERVIN |
Dernier ajout : 11 décembre 2010.
Les « Actes respectueux »
source : http://www.genami.org/culture/fr_actes-respectueux.php
Nous
avons tous remarqué que les actes de mariage anciens
mentionnaient le
consentement des parents, même si les mariés
avaient plus de 21 ans,
âge de la majorité civile.
En fait, dès son origine au
début du XIXe siècle, le code civil avait
introduit une "majorité
matrimoniale", qui était de 25 ans pour l’homme, donc
distincte de la
majorité civile. Par contre, elle coïncidait avec
la majorité civile
pour la femme (21 ans). Le consentement d’au moins un des parents
était
nécessaire jusqu’à la majorité
matrimoniale pour que le mariage puisse
avoir lieu.
S’ils avaient dépassé cet âge, les
futurs époux pouvaient se marier
sans avoir obtenu l’autorisation parentale, mais pas
immédiatement :
ils étaient alors obligés, à
défaut de l’accord de leurs parents, de
leur "notifier leur projet de mariage", et cela par un acte
notarié
appelé "acte respectueux".
Le code civil détaillait la procédure
à suivre. L’acte respectueux devait être
notifié par deux notaires, ou
un seul notaire assisté de deux témoins. En cas
de refus de
consentement des parents, la demande devait être
renouvelée deux fois,
de mois en mois, avant que le mariage puisse avoir lieu.
Au-delà de 30 ans pour un fils et 25
pour une fille, un seul acte respectueux suffisait. Un mois
après le
refus, le mariage pouvait avoir lieu sans le consentement des parents.
L’ensemble de ces
mesures a été assoupli progressivement
à partir de la fin de XIXe
siècle, mais n’a totalement disparu qu’en 1933.
J’ai
découvert tout cela après que l’on m’ait
signalé l’existence d’un tel
acte datant de 1828 et concernant le frère d’un de mes
ancêtres. J’ai
retrouvé cet acte aux AD de la Moselle.
Ce
lointain grand-oncle se nommait Abraham Lazard (tout comme son
père,
d’ailleurs). Né en 1789 à Frauenberg (Moselle),
il avait donc 39 ans à
l’époque des faits. Il vivait à Bar-le-Duc et
désirait épouser une
demoiselle Oudinot (peut-être une parente du
maréchal Oudinot
(1767-1847), lui aussi de Bar-le-Duc ?). Son père
résidait toujours à
Frauenberg.
L’acte notarié, rédigé par un notaire
de Sarreguemines, comporte une
première partie dans laquelle Abraham "demande
respectueusement" à son
père, "son conseil pour le mariage qu’il se propose de
contracter avec
demoiselle Marguerite Oudinot". Suivent ensuite les signatures du
notaire, des témoins et d’Abraham.
Dans la deuxième
partie de l’acte, le notaire, assisté de deux
témoins, "s’est
transporté en la demeure" du père à
Frauenberg, "auquel le dit notaire
et témoins ont notifié l’acte respectueux
à lui adressé par M. Abraham
Lazard son fils devant le dit notaire assisté de deux
témoins". Suite à
cette notification, le père "déclare qu’il refuse
son consentement au
mariage de son fils pour des raisons qu’il est inutile de faire
connaître à des étrangers et, requis de
signer, a refusé de le faire
sans en déduire les causes".
On peut évidemment supposer que c’est un problème
de religion qui est à l’origine de ce refus.
Vu l’âge d’Abraham, un seul acte respectueux suffisait. Je ne
me suis
jamais rendue aux Archives de la Meuse pour découvrir la
suite de
l’histoire, mais parions que le mariage a bien eu lieu un mois plus
tard…